La ronce commune présente de nombreux avantages. Leurs lianes épineuses offrent un abri protecteur aux oiseaux qui peuvent en outre (tout comme nous avec nos confitures et tartes) profiter des mûres sauvages qui y poussent à la fin de l’été. Par ailleurs, on y retrouve des petites fleurs blanches ou légèrement rosées très mellifères qui font le bonheur des insectes pollinisateurs. Bref, la nature est définitivement bien faite et les ronces sont utiles à la biodiversité. Malgré cela, certains jardiniers aimeraient s’en débarrasser, car en plus de rendre les haies piquantes, elles sont particulièrement invasives (un mètre carré de ronces peut en effet produire plusieurs milliers de graines qui vont ensuite se disséminer partout). Pour venir à bout de cet arbrisseau épineux dangereux pour les animaux et les enfants, nous avons répertorié pour vous quelques astuces pratiques pour un jardinage naturel et efficace.
Y a-t-il un intérêt à laisser les ronces dans son jardin ?
Malgré leur réputation d’envahisseuses, les ronces ont un véritable rôle écologique dans le jardin. Leurs tiges épineuses forment des haies impénétrables qui protègent de nombreux petits animaux, notamment les oiseaux, contre les prédateurs. Leurs fleurs riches en nectar attirent abeilles, bourdons et papillons dès le printemps. Quant à leurs fruits, ils nourrissent merles, ramiers ou renards, tout en permettant aux amateurs de confitures maison de se régaler. Loin d’être de simples « mauvaises herbes », les ronces participent à la biodiversité locale.
Il peut donc être pertinent de conserver un petit massif de ronces à condition de le contenir. Dans un coin du jardin, loin du potager ou des zones de passage, elles peuvent offrir un abri naturel et un garde-manger sauvage. En revanche, si elles commencent à envahir les allées, à concurrencer d’autres plantations ou à sortir de terre un peu partout, il devient urgent d’intervenir. Le bon moment pour agir reste la fin de l’été ou le tout début du printemps, lorsque les tiges sont encore jeunes et que le système racinaire n’a pas encore renforcé son emprise. Une coupe régulière et ciblée suffit parfois à limiter leur expansion sans les éliminer totalement.
1) L’arrachage manuel contre les ronces
L’arrachage à la main est une technique plus fatigante et chronophage que d’autres. Elle présente toutefois l’avantage d’être très efficace. En outre, cela permet de retirer les lianes piquantes sans utiliser un produit qui pourrait abîmer les haies ou plantations à proximité. Veillez cependant à ne pas vous lancer dans cette entreprise sans vous être préalablement équipé d’une paire de gants très résistante. Munissez-vous aussi d’un sécateur pour couper les branches apparentes et dégager les racines. Retirez les parties coupées au fur et à mesure de votre avancée. Enfin, prévoyez aussi une bêche et une pioche pour révéler les souches et les déraciner.
Bon à savoir : Si les souches sont trop larges et profondes, percez-y des trous pour les fragiliser. Elles finiront par pourrir et disparaître.
2) La bâche noire
La bâche noire, c’est la méthode préférée du jardinier paresseux pour venir à bout des ronces ou des mauvaises herbes sans effort ! Elle consiste en effet tout simplement à couvrir les ronces et zones à protéger avec une bâche pour empêcher le passage de la lumière. Ainsi, tout ce qui se trouve en dessous va flétrir et dépérir. Vous n’aurez alors plus qu’à éliminer soigneusement les souches pour éviter un retour en force des ronces.
3) Le purin d’ortie
Très utile au jardin et au potager, le purin d’ortie peut aussi aider au désherbage et à la suppression de la ronce. Pour ce faire, on laisse macérer pendant deux semaines 1 kg d’orties dans 20 litres d’eau avant de filtrer. Surtout, n’oubliez pas de mélanger régulièrement pendant le processus de fermentation. Vous pourrez transvaser votre préparation dans un vaporisateur et vaporiser le tout au pied des plantes. Renouvelez l’application si nécessaire.
4) Le purin d’angélique, un autre purin contre les ronces
Profitez de l’été pour ramasser de l’angélique afin de créer du purin très efficace contre les broussailles barbelées. La recette est la suivante : dans un grand bidon en plastique, mélangez 2 kg d’angélique avec 20 litres d’eau et laissez macérer pendant une quinzaine de jours avant de filtrer. Comme avec celui d’ortie, vous pourrez vaporiser le purin d’angélique au niveau des racines des ronces à éliminer.
5) Une eau de cuisson pour venir à bout des ronces
Chaudes et riches en amidon, les eaux de cuisson de vos pommes de terre, de vos pâtes ou de votre riz constituent un excellent désherbant. Il suffit d’en verser au pied des ronces invasives aussi souvent que nécessaire !
6) Le vinaigre blanc
Le vinaigre blanc est très utile au jardin, et notamment pour supprimer les ronces. Pour ce faire, diluez-le dans de l’eau (⅓ de vinaigre pour ⅔ d’eau). Ensuite, utilisez ce mélange en pulvérisation sur les ronces même. Cela fera flétrir les branches en quelques jours. Pensez toutefois à appliquer une autre solution pour traiter le pied de la plante, le vinaigre ne permettant pas d’éliminer les racines.
7) Le sel contre les ronces (mais attention !)
Le sel n’est pas sans danger pour la terre. C’est la raison pour laquelle il faut réserver ce désherbant aux endroits non cultivés comme les allées ou les chemins. Pour désherber avec du gros sel, commencez par couper les ronces au plus près du sol. Saupoudrez à présent du gros sel au pied de la plante et recouvrez de terre. Arrosez pour permettre au sel d’infiltrer le sol. Laissez agir : le sel va détruire les racines en quelques semaines. N’oubliez pas après cela de dégager les racines mortes avec une pioche.
8) La prévention contre les ronces
Une fois que vous avez traité les ronces, il faut généralement prendre des mesures pour éviter leur retour. Cela passe principalement par le fait de surveiller les départs de ronces pour un arrachage au fur et à mesure. Grâce à ce débroussaillage régulier, elles ne reviendront plus au bout d’un moment. Le meilleur moyen de vous en assurer reste toutefois de pailler le sol pour empêcher les végétaux de s’y développer. Un paillage au chaume ou l’installation d’une bâche noire (ainsi qu’évoqué tantôt) vous assurera un jardin sans épines sur le long terme.


