Les éponges se gorgent rapidement de saletés et de bactéries et l’on en change donc rapidement. Ajoutez à cela l’importance d’avoir une éponge dédiée à la vaisselle et une autre pour le ménage et cela représente vite une quantité non négligeable d’éponges à acheter dans l’année. Alors, soit vous décidez de vous lancer dans la création d’une éponge de type tawashi (une éponge lavable et écologique que vous pouvez garder à vie et dont les étapes de fabrication sont développées juste ici), soit vous utilisez votre jardin pour y faire pousser toutes les éponges dont vous aurez besoin. Même qu’on ne blague même pas !
Un choix écologique face aux éponges industrielles
Le Luffa aegyptiaca, parfois orthographié loofah, est une plante grimpante de la famille des cucurbitacées. Cousine des courgettes ou des concombres, elle donne en fin de saison des fruits allongés ressemblant à de grosses courges vertes. En les récoltant à maturité et en retirant leur chair, on obtient une structure fibreuse, légère et résistante : c’est cette trame végétale qui compose les fameuses éponges naturelles. Peu connue dans les potagers européens, elle reste pourtant facile à cultiver avec un peu d’attention. En plus d’être zéro déchet et compostable, elle offre une solution économique et originale pour remplacer les éponges synthétiques.
Les éponges classiques sont en effet fabriquées à partir de matières dérivées du pétrole et mettent parfois des dizaines d’années à se décomposer. En prime, elles libèrent des microplastiques à chaque lavage, invisibles mais bien réels. En choisissant de faire pousser vos éponges, vous optez pour une alternative locale, biodégradable et sans polluant. Le luffa se cultive facilement au potager, ne nécessite aucun traitement chimique et transforme un simple coin de terre en une fabrique à objets utiles. L’expérience est ludique, surprenante et satisfaisante. Et surtout, elle permet de boucler la boucle : du jardin à l’évier, sans déchet et avec fierté.

Ce qu’il faut :
- Des graines de luffa (Luffa aegyptiaca)
- Des godets biodégradables
La plante en question fait partie de la famille des courges et permet d’obtenir des éponges végétales. Vous pourrez trouver les graines dans des boutiques spécialisées ainsi qu’en ligne.
Les étapes :
Le semis du luffa s’effectue au printemps, entre avril et mai, en godets biodégradables. Ces derniers vous permettront de ne pas déranger les racines au moment de la mise en terre. Gardez vos semis dans un lieu lumineux à environ 12 °C minimum, jusqu’à l’apparition de jeunes pousses robustes. Une fois qu’elles mesurent une quinzaine de centimètres, plantez-les directement en pleine terre avec leur godet. Espacez chaque plant d’au moins un mètre cinquante car le luffa a besoin de s’étendre. Un bon apport de compost et un arrosage régulier mais non excessif l’aideront à se développer. Si les nuits restent froides, couvrez-les temporairement.
Le luffa est une plante grimpante vigoureuse qui s’élance rapidement si elle bénéficie de chaleur et de lumière. Il est donc conseillé d’installer un treillis, une clôture ou même une arche dès la plantation. Dans le bon climat, ses tiges peuvent dépasser plusieurs mètres de long, formant un feuillage dense très décoratif. Cette courge adore le soleil, alors installez-la plein sud et abritée du vent. Dans les régions fraîches, une serre ou un coin bien protégé vous assurera une bonne croissance. Plus le fruit reste sur la plante avant la récolte, plus il sera généreusement fibreux et adapté à la fabrication d’éponges.
De la récolte au séchage : l’éponge prend forme
En automne, lorsque les fruits jaunissent et deviennent plus légers, vous pouvez commencer la récolte. Chaque plant produit en général entre trois et cinq luffas. Laissez-les sécher quelques jours au soleil, puis faites-les tremper dans de l’eau tiède pendant deux à trois jours. Cela ramollit la peau extérieure et permet de retirer la pulpe plus facilement. Extraire les graines est un jeu d’enfant à ce stade. Vous pourrez les conserver au sec pour replanter l’année suivante. Une fois vidée, la structure fibreuse se blanchit rapidement dans une eau bouillante (avec un peu de bicarbonate si besoin), puis sèche à l’air libre.
Une fois bien sèches, vos luffas sont prêts à être découpés selon l’usage souhaité. Vous pouvez en faire des éponges pour la vaisselle, des tampons récurants pour la salle de bains, ou même un gant exfoliant pour le corps. Leur texture est naturellement abrasive, sans pour autant rayer les surfaces délicates. Après usage, il suffit de les rincer abondamment, puis de les faire sécher à l’air libre. Si elles changent d’odeur ou de couleur, vous pouvez les faire tremper dans du vinaigre blanc avant de les rincer à nouveau. Une fois en fin de vie, elles rejoignent tout simplement le bac à compost.

Faire pousser des éponges, c’est une chose, mais comment les utilise-t-on ?
Elles sont assez abrasives pour faire le ménage, mais elles peuvent aussi servir pour la vaisselle ainsi qu’en tant que gant de crin pour la peau. Leur entretien est facile : il suffit de rincer votre éponge et de la laisser sécher. Bref, elles ne sont pas bien différentes des éponges classiques même si leur apparence a de quoi surprendre ! Aussi, sachez que vous pourrez les glisser dans le compost une fois qu’elles seront en fin de vie.
Le luffa ne se limite pas aux tâches ménagères ou aux soins du corps. Ses fibres naturelles, non traitées et hypoallergéniques, peuvent également être utilisées comme filtre dans les aquariums, comme jouet à mâcher pour les rongeurs ou les oiseaux, ou encore comme matériau décoratif ou artistique. Certains s’en servent pour fabriquer des savons exfoliants maison, d’autres pour créer des accessoires naturels comme des dessous de verre ou des objets de salle de bain. Certains bricoleurs en font même des isolants écologiques en les associant à d’autres fibres végétales. Une seule plante peut donc offrir une multitude de ressources utiles et réutilisables.