Certaines plantes que l’on installe pour embellir un jardin ou créer un coin d’ombre peuvent sans prévenir causer des dégâts considérables sur la maison… ou sous terre. En quête d’eau et de fraîcheur, leurs racines n’ont en effet aucun scrupule à s’introduire dans les fissures de vos canalisations, drains ou réseaux enterrés. Leur système racinaire puissant et insidieux peut fissurer, déplacer voire obstruer complètement des canalisations, entraînant des travaux coûteux. Et souvent, on ne s’en rend compte qu’une fois les dégâts bien installés. Le problème, c’est que ces plantes ont tout pour plaire : feuillage dense, floraison généreuse, croissance rapide… Ces végétaux d’une grande beauté sont donc tous très prisés dans les aménagements paysagers. La méfiance est donc de mise avec certaines espèces et variétés !
Le bambou : champion toutes catégories des dégâts souterrains
On le choisit pour sa hauteur, sa densité, sa capacité à créer une barrière naturelle et brise-vue. Le bambou, pourtant si élégant, est l’un des pires ennemis des canalisations. Sa croissance rapide s’accompagne d’un réseau racinaire traçant, capable de se propager sur plusieurs mètres à la ronde, même en profondeur. Les rhizomes – ces tiges souterraines épaisses – progressent discrètement mais méthodiquement, pénétrant la moindre faille dans un tuyau ou un regard mal scellé. Ils y trouvent humidité, chaleur et protection, conditions idéales pour se développer. Une fois à l’intérieur, ils obstruent peu à peu les conduits, entraînant bouchons, débordements ou refoulements. Même les variétés dites “non traçantes” peuvent se révéler envahissantes en terrain léger ou mal délimité.
Glycine et figuier : le duo charmeur… mais redoutable sur les canalisations
La glycine séduit par ses cascades de fleurs violettes et son allure romantique. Pourtant, elle développe un système racinaire puissant, capable de fendre des maçonneries, de soulever des dalles ou de s’infiltrer dans des tuyaux poreux. Plantée trop près de la maison ou des évacuations d’eau, elle agit comme un levier sous-terrain invisible. Le figuier, quant à lui, cherche en permanence les sources d’eau, surtout en été. Ses racines, épaisses et sinueuses, peuvent percer un drain fissuré ou un tuyau vétuste, en accentuant chaque microfissure. Elles provoquent souvent des soulèvements de sols ou des infiltrations, notamment si l’arbre est planté à moins de 5 ou 6 mètres d’une maison. Le danger n’est pas immédiat, mais bien progressif.
Laurier-rose, lilas et autres arbustes “inoffensifs” : le risque sous-estimé
On croit parfois que seuls les arbres posent problème. En réalité, certains arbustes d’apparence modeste développent des racines aussi intrusives que celles d’un érable ou d’un saule. Le laurier-rose, en particulier, pousse vite et résiste bien à la sécheresse. C’est précisément pour cela que ses racines vont chercher l’eau en profondeur, quitte à suivre le tracé d’une canalisation. En sol sec ou en présence de fuites minimes, cela suffit à attirer son réseau racinaire. Le lilas ou le noisetier, très courants dans les jardins anciens, présentent le même type de comportement. Leur croissance en touffes favorise une extension radiale qui, à long terme, déforme les conduits enterrés, notamment en PVC ou en béton poreux, souvent fragilisés par les années.
Comment éviter les dégâts : des gestes simples et précautions efficaces
La meilleure solution reste la prévention. Avant de planter un arbre ou un arbuste vigoureux, renseignez-vous sur le développement de son système racinaire. Respectez une distance minimale de 3 à 7 mètres avec les canalisations, la maison ou les regards techniques. Installez si nécessaire une barrière anti-rhizomes autour des espèces traçantes, comme le bambou, en enterrant une paroi verticale en plastique rigide sur au moins 60 cm de profondeur. Pour les racines pivotantes comme celles du figuier, privilégiez une fosse de plantation bien délimitée, avec des matériaux drainants qui découragent la poussée latérale. Enfin, pensez à entretenir vos canalisations et regards régulièrement : une micro-fuite ou une odeur d’humidité attire les racines à coup sûr. Un bon jardinage, c’est aussi ce qui se passe sous la terre.
Il est également possible de privilégier des plantes ornementales plus respectueuses des réseaux souterrains. Les vivaces à racines superficielles comme les hémérocalles, les géraniums vivaces ou les heuchères sont idéales pour habiller un massif sans risque. Les arbustes à enracinement modéré comme le camélia, l’hibiscus ou le cornouiller blanc constituent aussi de bonnes alternatives. Ils décorent sans menacer les infrastructures. Autre précaution souvent négligée : éviter de planter directement au-dessus d’un réseau enterré connu. Même une plante modeste peut créer des complications si elle est installée sur un ancien tuyau, un raccord ou une fosse mal rebouchée. Une simple vérification des plans de la maison avant plantation peut épargner bien des frais.
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