Mon voisin enfonce toujours des branches de sureau frais dans les taupinières de sa pelouse et ce n’est pas pour marquer leur emplacement

Vous aimez notre contenu ?

Ajoutez-nous à vos
favoris Google

Des branches vertes plantées à la va-vite dans un tas de terre fraîche, presque comme un bouquet planté au hasard. Mais le geste du voisin n’a rien de décoratif : c’est un remède de jardinier transmis depuis des générations pour chasser les taupes sans les tuer. Les branches de sureau sont réputées pour leur efficacité à repousser les taupes en raison de l’odeur forte qu’elles dégagent, que les taupes trouvent désagréable. Une astuce qui ressurgit chaque été dans les jardins, entre nostalgie campagnarde et méfiance envers les produits chimiques.

À retenir

  • Pourquoi le sureau fraîchement coupé terrifie les taupes souterraines
  • Le détail crucial que les jardiniers négligent : la fraîcheur des branches
  • Cette méthode ancestrale fonctionne-t-elle vraiment, ou est-ce un mythe urbain ?

Le sureau, cette arme olfactive que les taupes détestent

Le secret se cache dans les feuilles, pas dans le bois. Dans le sureau, ce sont les feuilles qui renferment les propriétés qui intéressent le jardinier, leurs odeurs fortes en faisant un répulsif des plus efficaces contre de nombreux nuisibles du jardin. Le composé responsable porte un nom qui sonne comme une potion : la sambucine. Un parfum prononcé combiné à la sambunigrine, composé naturel à effet insecticide modéré, désagréable pour l’odorat ultrasensible des taupes. Or, sous terre, dans l’obscurité totale de leurs galeries, l’odorat est justement le seul sens qui compte vraiment pour ces petits mammifères fouisseurs.

Le principe est presque enfantin dans sa simplicité. Une fois les branches coupées, on les place directement dans les tunnels et les entrées principalement utilisés par les taupes. Résultat ? L’animal, incommodé, préfère aller creuser ailleurs plutôt que de cohabiter avec cette odeur entêtante. Certains jardiniers vont plus loin en fabriquant un purin concentré : pour concevoir un produit bien concentré, on laisse fermenter 1 kg de feuilles de sureau dans 10 litres d’eau durant quelques jours, avant de l’utiliser directement dans les galeries. Le liquide fermenté serait même plus efficace que la branche seule, car il s’infiltre plus profondément dans le réseau souterrain.

Fraîcheur exigée : pourquoi les branches sèches ne servent à rien

Voilà le détail que beaucoup de jardiniers négligent : une branche fanée ne fait plus peur à personne, encore moins à une taupe. Les branches de sureau perdent leurs propriétés répulsives à mesure qu’elles sèchent, ce qui réduit leur efficacité avec le temps, et il est recommandé de vérifier l’état des branches toutes les deux à trois semaines et de les remplacer au besoin. En plein été, sous la chaleur, ce délai se réduit encore. C’est précisément pourquoi le voisin renouvelle son geste régulièrement : ce n’est pas un rituel superstitieux, c’est de l’entretien pur et simple.

Pour optimiser l’opération, mieux vaut couper les tiges au bon moment. L’arbuste de sureau dégage son odeur la plus forte quand il est en pleine vigueur, généralement en début de saison de croissance au printemps, mais des rameaux frais coupés en été gardent une charge odorante suffisante pendant une à deux semaines. Une trentaine de centimètres de tige suffit, enfoncée directement à l’entrée du tunnel repéré, là où la terre est encore meuble et fraîchement remuée. Un détail qui a son importance : les taupinières les plus récentes sont les seules vraiment actives, inutile de traiter les monticules anciens et abandonnés.

Une méthode ancestrale, mais pas une garantie absolue

Faut-il pour autant y voir une solution miracle ? La prudence s’impose. Les preuves scientifiques sur l’efficacité du purin de sureau restent limitées, même si de nombreux jardiniers et experts en jardinage suggèrent qu’il peut avoir un effet répulsif en perturbant l’habitat des taupes. Dans les faits, les retours d’expérience divergent nettement : certains jardins voient les taupinières disparaître en quelques jours, d’autres continuent d’en découvrir de nouvelles malgré des branches renouvelées scrupuleusement. Sur un forum de jardinage bien connu, un lecteur résume d’ailleurs sa déception avec ce commentaire lapidaire : « j’ai essayé aussi le purin de sureau : toujours là ».

La réalité, c’est que les taupes ont un territoire vaste et un réseau de galeries souvent bien plus étendu qu’on ne l’imagine, un jardin pouvant compter plusieurs dizaines de mètres de tunnels reliés à d’autres parcelles voisines. Traiter une entrée n’empêche pas l’animal d’en creuser une nouvelle vingt centimètres plus loin.

D’où l’intérêt de combiner les approches plutôt que de miser sur une seule carte. Le purin de sureau peut par exemple être associé à d’autres répulsifs olfactifs : planter deux gousses d’ail dans chaque taupinière, en les enfonçant profondément dans le sol, car ces petits animaux détestent l’odeur de l’ail, ce qui les incite à quitter rapidement les lieux. Certains jardiniers alternent aussi avec le tassement régulier du sol, qui rend les galeries moins confortables, ou installent des bâtons vibrants qui exploitent les mouvements du vent pour créer des nuisances sonores souterraines. La logique reste toujours la même : rendre le terrain le plus inhospitalier possible sans recourir au poison, une option que la plupart des jardiniers écartent d’emblée par respect pour cette espèce protégée en France.

Ce qui frappe, au fond, dans cette pratique du sureau planté, c’est sa gratuité totale. Pas besoin d’acheter le moindre répulsif du commerce : un arbuste sauvage, présent dans presque toutes les haies champêtres et les terrains en friche, suffit à fournir de quoi traiter tout un jardin pendant des semaines. Une botanique de récupération, transmise de génération en génération bien avant l’apparition des granulés vendus en jardinerie, et qui continue, cet été encore, de faire ses preuves dans bien des pelouses françaises.

L'équipe Astuces de Grand-Mère

Écrit par L'équipe Astuces de Grand-Mère

L’équipe du site Astuces de Grand-Mère réunit des passionnés de conseils pratiques et de solutions naturelles du quotidien. À travers ses articles, elle partage astuces, remèdes et idées simples pour faciliter la vie de tous les jours de manière économique et authentique.