Balancer la pile de vieux journaux à la déchetterie dès les premiers frimas, voilà une habitude bien ancrée chez de nombreux propriétaires de poules. Pourtant, ce geste qui semble anodin prive le poulailler d’un allié précieux pour traverser l’automne et l’hiver dans de bonnes conditions. Une voisine avertie, habituée à économiser chaque ressource disponible au jardin, a mis fin à cette routine en expliquant tout l’intérêt de garder ce papier plutôt que de s’en débarrasser.
- Le papier journal absorbe l'humidité et les fientes, limitant odeurs et parasites comme les poux rouges
- Il doit être non glacé, froissé pour créer des poches d'air, et renouvelé chaque semaine en automne-hiver
- Une fois retiré et souillé, il peut rejoindre le compost comme matière carbonée utile
Le papier journal absorbe l’humidité et les fientes au fond du poulailler, limitant les odeurs et les parasites, et se change facilement chaque semaine en automne-hiver pour un nettoyage rapide et économique. Une astuce simple, gratuite, et pourtant largement sous-exploitée par les amateurs de basse-cour.
Pourquoi jeter ses vieux journaux est une erreur pour le poulailler
Dans l’imaginaire collectif, le journal usagé n’a qu’une destination logique : la poubelle de tri ou le composteur. Or, pour qui élève des poules, ce réflexe fait passer à côté d’un matériau pourtant parfaitement adapté à l’entretien du poulailler durant la saison froide. Le papier journal possède une capacité d’absorption médiocre, bien inférieure à celle de nombreuses litières vendues en jardinerie.
L’automne et l’hiver sont des périodes critiques pour la santé des volailles. L’humidité ambiante augmente, les fientes s’accumulent plus rapidement car les poules passent davantage de temps à l’intérieur, et le risque de voir se développer moisissures ou parasites grimpe en flèche. Se priver du papier journal revient donc à négliger une solution accessible, économique et déjà présente dans la plupart des foyers.
Le papier journal, une solution simple pour absorber l’humidité et les fientes
Le fonctionnement de cette astuce repose sur un principe physique simple : les fibres de cellulose qui composent le papier journal retiennent l’eau et les liquides bien mieux que la paille seule ou les copeaux de bois. Disposé au fond du poulailler, sous la litière habituelle ou en remplacement partiel de celle-ci, il capte l’humidité provenant des fientes et limite sa remontée vers les perchoirs et les nids.
Cette propriété absorbante présente un double avantage. D’une part, elle maintient un sol plus sec, condition essentielle pour éviter les pododermatites, ces irritations douloureuses qui touchent souvent les pattes des poules confinées sur une litière humide. D’autre part, elle facilite grandement le nettoyage : il suffit de retirer les feuilles souillées pour évacuer l’essentiel des déjections, sans avoir à gratter un sol détrempé.
Pour une efficacité optimale, quelques précautions méritent d’être observées :
- Privilégier un papier journal non glacé, l’encre des suppléments publicitaires pouvant contenir des substances moins adaptées au contact direct avec les volailles
- Froisser légèrement les feuilles plutôt que de les poser à plat, afin de créer de petites poches d’air qui améliorent l’absorption
- Superposer plusieurs épaisseurs dans les zones les plus exposées, notamment sous les perchoirs où s’accumulent la majorité des fientes
Moins d’odeurs et moins de parasites grâce à cette astuce de voisine
L’odeur ammoniaquée qui se dégage parfois d’un poulailler mal entretenu provient directement de la décomposition des fientes en milieu humide. En absorbant cette humidité dès sa formation, le papier journal ralentit considérablement ce processus de fermentation, responsable des nuisances olfactives les plus marquées. Le résultat se fait sentir rapidement, y compris pour les poulaillers situés à proximité immédiate d’une terrasse ou d’un jardin urbain.
Autre bénéfice non négligeable : un environnement moins humide décourage naturellement l’installation de certains parasites. Les poux rouges, redoutés de tous les éleveurs amateurs, prolifèrent particulièrement dans les recoins sombres et humides du poulailler. En réduisant ce taux d’humidité et en renouvelant régulièrement le support au sol, on limite les conditions favorables à leur développement, sans recourir systématiquement à des traitements chimiques.
Cette approche s’inscrit pleinement dans une logique de jardinage éco-responsable, où chaque ressource du foyer trouve une seconde vie avant d’être recyclée. Le papier journal, une fois retiré du poulailler et débarrassé des fientes, peut d’ailleurs rejoindre le tas de compost, où il continuera d’apporter de la matière carbonée utile à l’équilibre du mélange.
Comment installer et renouveler le papier journal chaque semaine en automne-hiver
La mise en place reste accessible, même pour les débutants en élevage de volailles. Il convient de commencer par tapisser le fond du poulailler d’une première couche de papier journal, sur une épaisseur de quelques feuilles superposées. Cette base peut ensuite être recouverte d’une fine couche de paille ou de copeaux, selon les habitudes de chacun, afin d’offrir un confort supplémentaire aux poules.
En période automnale et hivernale, un renouvellement hebdomadaire s’avère généralement suffisant pour maintenir un environnement sain. Ce rythme peut toutefois être ajusté en fonction du nombre de poules hébergées et de la taille du poulailler : plus la densité est élevée, plus les fientes s’accumulent rapidement, et plus le changement doit être fréquent.
Quelques repères pratiques permettent d’organiser efficacement cet entretien :
- Retirer le papier souillé en commençant par les zones situées sous les perchoirs, les plus concentrées en fientes
- Vérifier l’état du sol avant de remettre une nouvelle couche, pour s’assurer qu’aucune humidité résiduelle ne subsiste
- Conserver une réserve de journaux à l’abri de l’humidité, dans un coin sec de l’abri de jardin ou du garage, pour ne jamais se retrouver à court lors des semaines les plus pluvieuses
Cette organisation simple transforme une corvée parfois redoutée en un geste rapide, réalisable en quelques minutes seulement. Elle permet également de surveiller plus facilement la santé du cheptel, les fientes déposées sur le papier donnant des indications précieuses sur l’état digestif des poules, bien plus visibles que sur une litière de paille compacte.
Garder ses vieux journaux plutôt que de les jeter systématiquement représente donc un geste à la fois économique et bénéfique pour le bien-être des poules. Cette pratique, facile à mettre en œuvre dès les premiers froids, mérite amplement de trouver sa place dans la routine de tout poulailler bien entretenu.

