Je croyais cet animal des montagnes intouchable depuis toujours : le jour où un chasseur alpin m’a montré son calendrier, je suis tombé de haut

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Et si un animal que l’on croit protégé depuis toujours pouvait légalement finir dans un collimateur ? La question paraît absurde quand on pense à la marmotte, cette petite boule de poils qui siffle son alerte dès qu’une silhouette approche des alpages. En pleine randonnée automnale, un chasseur alpin croisé sur un sentier a sorti son carnet réglementaire et pointé du doigt une date qui a de quoi surprendre plus d’un amoureux de la montagne. Difficile à croire, et pourtant bien réel : la marmotte figure toujours, en 2026, parmi les espèces dont la chasse reste autorisée dans certains départements alpins. De quoi remettre en question quelques idées reçues sur cet emblème de nos sommets.

À retenir
  • La marmotte des Alpes reste une espèce chassable en 2026 dans certains départements comme la Savoie, la Haute-Savoie ou les Hautes-Alpes.
  • Des arrêtés préfectoraux fixent chaque année les dates d'ouverture, les quotas de prélèvement et les zones autorisées, généralement entre fin d'été et début d'automne.
  • Cette pratique traditionnelle divise entre défenseurs d'un usage cynégétique ancien et défenseurs de la biodiversité inquiets face aux effets du réchauffement climatique sur les populations.

La marmotte, cette icône alpine que je pensais protégée par défaut

Impossible de crapahuter dans les Alpes sans croiser son sifflement strident, ce cri d’alarme qui résonne entre les rochers dès qu’un promeneur s’aventure trop près d’une colonie. La marmotte des Alpes est devenue au fil des décennies un véritable symbole touristique, presque une mascotte que l’on associe instinctivement à la nature préservée et aux paysages intacts. Beaucoup imaginent donc qu’elle bénéficie d’un statut de protection totale, comme c’est le cas pour d’autres espèces emblématiques de montagne. Pourtant, cette perception ne correspond pas totalement à la réalité juridique de l’animal, qui reste classé parmi les espèces chassables dans certaines zones, sous conditions bien précises.

Ce que dit vraiment la réglementation dans les départements concernés

La chasse à la marmotte n’a rien d’une légende urbaine : elle est bel et bien encadrée par des arrêtés préfectoraux qui fixent chaque année les dates d’ouverture, les quotas de prélèvement et les zones autorisées. Plusieurs départements des Alpes, notamment en Savoie, en Haute-Savoie ou dans les Hautes-Alpes, maintiennent cette pratique traditionnelle avec des périodes d’ouverture généralement calées entre la fin de l’été et le début de l’automne. Les quotas restent toutefois très encadrés, avec un nombre limité de prélèvements par secteur, histoire de préserver les populations locales. Cette chasse, souvent qualifiée de traditionnelle, répond à des règles strictes qui varient sensiblement d’un massif à l’autre, ce qui explique pourquoi tant de randonneurs ignorent son existence.

Entre tradition cynégétique et équilibre écologique, un débat qui divise les vallées

Du côté des chasseurs, cette pratique s’inscrit dans une tradition ancienne, liée à la vie pastorale et aux usages locaux transmis de génération en génération. Pour eux, la marmotte fait partie intégrante de la gestion cynégétique du territoire, au même titre que d’autres gibiers de montagne. Mais du côté des défenseurs de la biodiversité alpine, l’inquiétude grandit face à la pression que subissent certaines populations, déjà fragilisées par le réchauffement climatique et la réduction de leur habitat naturel. Ce débat, loin d’être tranché, illustre la difficulté de concilier des usages traditionnels avec les impératifs actuels de préservation des écosystèmes de montagne. Entre les deux camps, les autorités locales tentent de maintenir un équilibre fragile, ajustant régulièrement les quotas en fonction des observations sur le terrain.

Ce que l’on retient surtout de cette découverte, c’est que la loi française réserve encore bien des surprises à qui croit connaître la montagne par cœur. Avant de partir crapahuter dans les alpages cet automne, mieux vaut se renseigner auprès de la préfecture de son département ou consulter les arrêtés en vigueur, tant les dates et quotas varient d’un massif à l’autre. Une chose est sûre : la prochaine fois que ce fameux sifflement retentira entre les rochers, il aura peut-être un tout autre écho.

Ariane B.

Écrit par Ariane B.

Militante dans l'âme, je suis très sensible à la cause animale et à l'environnement en général, d'où mon attrait particulier pour la rédaction d'articles axés sur les astuces du quotidien permettant de réduire son empreinte carbone (sans jugement aucun, chacun son rythme !).